Lettres à ma mère – 1

Cette lettre est la première de la correspondance entre mon Grand-Oncle Delepierre et sa mère, depuis son incorporation dans l’artillerie en avril 1916. En cette période du centenaire de la Grande Guerre, je transcrirai sur ce blog l’ensemble de ces courriers, en hommage à cet homme que j’aime et respecte.  

 » Pontivy, le 3 avril 1916

Ma chère Maman,

Comme je te l’avais annoncé, nous avons reçu ce matin notre habillement et le harnachement pour nos chevaux. Les Sous-Offs ont eu une selle toute neuve et une bride idem. On n’est pas mal loti comme matériel et comme monture.

Cet après-midi, nous sommes restés deux heures en plein soleil (un soleil d’Austerlitz!) pour une revue passée par un commandant! enfin, cela a servi à nous fixer la date de notre départ: nous partons samedi matin prochain de très bonne heure. Nous irons à cheval à Lominé où nous coucherons; nous repartirons le dimanche matin pour Meucon où nous ferons des tirs et enfin pour Vannes où nous devons embarquer lundi matin. En somme, ce sera un peu pénible. Il y a soixante kilomètres à faire à cheval, puis embarquer 200 chevaux, 200 hommes et une trentaine de voitures n’est pas chose facile et cela est de mon ressort. Espérons que tout se passera pour le mieux. Je ne sais encore où nous irons, si c’est à Verdun ou dans le Nord ou à Salonique. Tout est possible. En tous cas, je trouverai toujours un moyen de vous en faire part, même si cela n’est pas permis. J’agirai d’abord ainsi: les premières lignes de mes lettres commenceront chacune par une lettre et ces lettres ajoutées bout à bout donneront le nom de la localité où nous serons.

Exemple: Pour ce qui est de la vie ici – on y est pas mal du tout – ni pour la nourriture ni pour – tout ceci est de couchage ou autre – il n’y a qu’un point: c’est que – vos lettres, qu’elles soient de M. ou de – Yvonne ou de toi ne me parviennent pas.    Pontivy

J’en ai trouvé sept ensemble à Ploermel et depuis, rien reçu! C’est ça qui est le plus embêtant.

Bosoir, chère petite Maman et ne te fais pas de bile pour ton grand fils d’artilleur qui est enchanté de partir.

Je t’embrasse de tout cœur,

A. Delepierre  »

 

 


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