Regarde

Regarde! la forêt pleure et frissonne
Au matin d’automne
Le brouillard suspend son voile gelé
Sur les champs humides au soleil levant
Comme
La poudre d’une craie blanche
Flottant dans l’air orangé.
Le vent retient son souffle devant tant de beauté
Givrée.
On n’entend que le rire étouffé des enfants
Sur le chemin de terre,
Sac en bandoulière.
Un cheval courbe le col, au loin, dans un pré.
Puis c’est la lumière qui déchire l’aube tranquille
Et touche les fleurs déclinantes de ses premiers rayons.
Regarde! Tout devient vie, l’herbe se penche
A la brise légère qui s’éveille.
L’instant devient cristal,
On voudrait le saisir avec des doigts d’argent.
Puis, tout redevient
Comme avant.
Demain, nous nous lèverons plus tôt encore
Pour être là, au tout début,
Tout simplement.

(c) Musefabe 2010


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