Mon père

C’était un soir d’été, assis à ma terrasse,
Je révais. Bien plus bas, les lumières de Nice
Eclaboussaient la nuit en lucioles fugaces.
Et c’est alors qu’une ombre au visage bien lisse
Apparut face à moi. Ses yeux étaient absents
Et un grand manteau noir la couvrait tout entière.
Mais cette apparition n’avait rien d’effrayant
J’oserais même dire qu’elle m’était familière
Pas un son ne sortait de ses lèvres livides
Et pourtant je sentais des paroles venir
A mon esprit inquiet, comme une voix liquide
Et douce, et forte aussi, que je devrais subir.
– Te souviens t’il des jours heureux de ta jeunesse ?
Me disait l’ombre. – Oh ! oui, je m’en souviens encore
Parfois je suis petit, dans l’infinie tendresse
De ses bras. Je le revois, ce père que j’adore
L’hiver au Luxembourg, guidant mes premiers pas
L’été à Robinson, où sur mon vélo rouge
Je voulais lui montrer que je ne tombais pas.
Et maintenant il dort, là où rien ne bouge.
– Ne sois donc pas si triste, dit l’ombre à nouveau
Tu sais bien qu’il est là, qu’il te protègera !
Je crus la voir sourire et je lus dans ses mots…
…ces mots ! C’était bien lui ! Ces mots! C’était bien toi !

(c) Musefabe 2006


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